Retour d’expérience : Améliorer les capacités motrices du membre supérieur avec la thérapie miroir

Voici un retour d’expérience qui présente comment améliorer les capacités motrices du membre supérieur avec la thérapie miroir…

Le patient

La vidéo présente un patient AVC datant de 5 mois. Les fonctions motrices de son bras et de sa main ont été affectées (malgré une récupération apparente notable) et l’on peut voir sur la vidéo que les mouvements de son bras gauche sont très ralentis. L’utilisation de sa main gauche dans les activités de la vie quotidienne est, par conséquent, réduite.

Un travail orienté vers la tâche

spiegeltherapie1La session de travail sur thérapie miroir présentée ici est essentiellement basée sur des activités orientées vers la tâche comme des manipulations de tasse (vide ou pleine pour faire varier le poids de celle-ci) ou la manipulation de rondelles métalliques. Ce principe de rééducation, orienté vers la tâche, est particulièrement efficace dans le recouvrement des fonctions motrices chez le patient AVC.

Lors de la construction d’un programme de soin, il est nécessaire que la difficulté de la tâche/de l’exercice proposé soit adaptée aux aptitudes du patient. En effet, il est essentiel que le patient soit « bousculé » dans une certaine mesure afin d’encourager le développement de ses capacités motrices tout en le préservant des échecs à répétition qui pourraient s’avérer contre-productifs pour sa progression. En d’autres termes, l’exercice doit être un challenge pour le patient, tout en restant raisonnablement atteignable.

La vitesse d’exécution

Le thérapeute propose ici de travailler dans un premier temps sur la motricité globale puis, dans un second temps, d’orienter le soin autour de la vitesse de mouvement. Le thérapeute défend l’idée selon laquelle la vitesse d’exécution d’un mouvement est secondaire à l’atteinte effective d’un but ou d’un objet par la main. Pour ce travail, le thérapeute choisit un mouvement analytique, dédié aux doigts longs et il demande au patient de taper la table trois fois de suite avec l’annulaire, le majeur et l’index successivement. A l’image de la difficulté, le thérapeute préconise aussi d’adapter la vitesse d’exécution des mouvements sur le bras sain aux possibilités de mouvement du bras pathologique pour une rééducation optimale.

Après 20 minutes de thérapie miroir, on peut voir une qualité de mouvement accrue chez le patient qui coordonne plus facilement la saisie de la tasse et gagne en vitesse d’exécution.

A l’image de tous les processus d’apprentissage ou de rééducation, le gain global ainsi que le maintien dans le temps de ces adaptations sont directement liés à la quantité d’exercice effectuée. Aussi, il est demandé au patient de répéter ces exercices à la maison avec et sans le miroir.

En résumé

La thérapie miroir est un outils intéressant pour la rééducation du membre supérieur post-AVC à condition de suivre ces quelques principes de base :

  • La difficulté de l’exercice doit être bien calibrée, stimulante et difficile mais atteignable,
  • Le patient ne doit pas s’ennuyer et être très concentré sur que qu’il fait et ce qu’il voit,
  • La quantité de travail doit être importante si l’on veut tirer un bénéfice de la thérapie.

spiegeltherapie2En ce qui concerne le dernier point, il est possible de commencer sur des séquences de travail très courtes, de l’ordre de 5 minutes pour les premières séances. Il est tout à fait normal d’avoir besoin d’un temps d’adaptation face à ce type de rééducation qui est particulier et qui demande de gros efforts de concentration. Par contre, il est primordial de répéter ces séances plusieurs fois dans la journée pour augmenter la dose de rééducation et encourager les progrès dans le temps.

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